Éditorial. Priorité à la gestion

À Ixelles, pour la majorité MR-PS, les élections communales d’octobre prochain ne s’annoncent pas de tout repos.

Le MR, parti historique qui d’élection en élection voit sa popularité baisser, doit se défendre d’être vu comme un parti scotché aux socialistes. Les libéraux ont dès lors recruté Alain Destexhe, mais se voient contraints d’acter le divorce avec le FDF qui devrait leur couter quelques sièges, et surtout le départ d’Olivier de Clippele qui leur rapportait pas mal de voix. Calcul politique ou non, le départ de ce dernier, sur fond de désaccord budgétaire, porte atteinte à la crédibilité des libéraux.

Du côté des socialistes, troisième parti dans la commune, on doit défendre le maïorat, justifier un fameux endettement, surveiller les écolos qui ne cessent de grimper, et réfuter des accusations qui les décrivent, eux les socialistes, comme un parti centriste et très localiste (il est vrai que les initiatives émanant de la région sont rarement accueillies avec enthousiasme à Ixelles).

Après cinq bonnes années au pouvoir, la majorité en place se retrouve avec un bilan qui, s’il n’est pas mauvais, est loin d’être incroyable. Pour y revenir encore une fois, le budget 2012 de la commune, orienté essentiellement vers des travaux concernant les services communaux (nouvelle aile pour la maison communale, achats de bureaux…), témoigne de la politique menée depuis quelques années : la gestion. Si la construction d’une nouvelle maison de l’emploi se présente comme une bonne chose, on peut s’attrister que les quelques deniers qui subsistent en période de crise soient alloués à la construction de travaux, avouons-le, loin d’être prioritaires. La commune d’Ixelles est une commune qui fonctionne, mais au regard simplement des problèmes de mobilité qui la gangrènent, manque furieusement d’audace et de volonté pour s’améliorer.

Bosco d’Otreppe

Janvier 2012

L’affaire du budget

source : psxl.beLe 15 décembre dernier, c’est la surprise générale lors du conseil communal d’Ixelles : l’échevin des finances en personne, Olivier de Clippele (MR), refuse de valider le budget 2012 de sa commune. Pour lui, les frais liés à la troisième phase de construction d’une nouvelle aile de la maison communale sont intenables. On parle en effet d’un budget extraordinaire estimé à 79 millions d’euros pour une commune qui endure un endettement de 120 millions d’euros et qui a du mal à traverser la crise financière que connait le pays (la commune a notamment perdu les 2,6 millions de dividendes que lui versait annuellement DEXIA). Olivier de Clippele, qui affirme avoir déposé un budget alternatif, assume son choix : ces travaux sont pour lui « impayables et loin d’être indispensables ».

Inutile de souligner que la majorité MR-PS ainsi que son propre parti ne l’entendent pas de cette oreille et le démettent de ses fonctions. Olivier de Clippele refuse de démissionner, se retrouve échevin sans compétence, et verse ses émoluments à deux associations bruxelloises.

De son côté, l’échevine MR Dominique Dufourny, qui a repris le portefeuille des finances, juge la réaction d’Olivier de Clippele totalement inappropriée. « Quand on compose un tel budget, on sait très bien que le taux de réalisation sera très faible et que tout ne sera pas réalisé dans l’année. Il est cependant important d’inscrire ces travaux pour pouvoir entreprendre les démarches nécessaires. » « Maintenant c’est vrai que pour le mois de mars au plus tard, je présenterai une version allégée du budget extraordinaire en fonction de ce qui sera effectivement réalisé en 2012. Dans le cas des projets qui seront concrétisés plus tard, je réduirai le budget à un euro, pour montrer notre volonté de poursuivre le projet, et permettre ainsi la présentation d’un budget plus réaliste par rapport à la réalité. »

« Démagogique » pour le bourgmestre socialiste Willy Decourty, « calcul politique » pour l’échevin Yves de Jonghe d’Ardoye (MR), les discussions n’ont pas apaisé les différents. La majorité n’en démord pas et Monsieur de Clippele ne renouera pas si vite avec son parti : il lancera sa propre liste en octobre 2012 et attend de voir si le MR bruxellois voudra encore de lui à la région.

Bosco d’Otreppe

Janvier 2012