Molenbeek, une question de regard?

Que voir en Molenbeek ? Une commune gangrénée par l’insécurité et par un taux de chômage affolant ? Une ville minée de dépôts clandestins et de logements délabrés ? Des quartiers peuplés de jeunes délinquants désoeuvrés, en décrochage scolaire et en déphasage familial ? Que retenir de Molenbeek ? Une ville au contraire multiple, multiculturelle, sportive, jeune et en pleine expansion ? Du côté de Molenbeek, une image n’est pas l’autre, beaucoup sont stéréotypées, et s’en tenir à une seule serait injuste.

Quoi qu’il en soit, les défis qui attendent la commune sont immenses et extrêmement importants. Très objectivement, si l’on prend les problématiques du logement et de l’emploi (ses deux principaux défis), rien n’est résolu, mais Molenbeek se montre volontariste[1]. En matière de sécurité, au contraire, la commune gagnerait à réellement rassurer ses habitants. Fière de son patrimoine humain et culturel, pourquoi ne leur rend-elle pas plus confiance dans le potentiel de leur quartier ? À l’image du bourgmestre Philippe Moureaux, les partis de la majorité sont très bien implantés et connaissent bien la population molenbeekoise. Sans doute, dès lors, une plus grande intégration des habitants via une politique d’accueil et la création de nouvelles maisons et comités de quartier serait-elle bénéfique.

Mais seule, la commune ne pourra pas tout faire. C’est aussi à la région de s’y investir, et à nous de désenclaver Molenbeek, discriminée par cette étiquette de « commune à problèmes », ou de « commune à part ». Car Molenbeek n’est pas une commune à part. Au contraire, elle est le terreau de la diversité et de la dynamique bruxelloise. Et si, du coup, la solution n’était-elle pas tout autre que politique ? Ne se trouverait-elle pas d’abord dans l’image que nous nous faisons de cette commune ? Pourquoi ne faudrait-il pas alors y faire un tour, l’investir de notre curiosité, pour la réintégrer, et surtout, surtout, changer ce regard trop souvent sceptique, stérile et discriminatoire que nous portons sur elle.

Bosco d’Otreppe

Mars 2012

Éditorial. Priorité à la gestion

À Ixelles, pour la majorité MR-PS, les élections communales d’octobre prochain ne s’annoncent pas de tout repos.

Le MR, parti historique qui d’élection en élection voit sa popularité baisser, doit se défendre d’être vu comme un parti scotché aux socialistes. Les libéraux ont dès lors recruté Alain Destexhe, mais se voient contraints d’acter le divorce avec le FDF qui devrait leur couter quelques sièges, et surtout le départ d’Olivier de Clippele qui leur rapportait pas mal de voix. Calcul politique ou non, le départ de ce dernier, sur fond de désaccord budgétaire, porte atteinte à la crédibilité des libéraux.

Du côté des socialistes, troisième parti dans la commune, on doit défendre le maïorat, justifier un fameux endettement, surveiller les écolos qui ne cessent de grimper, et réfuter des accusations qui les décrivent, eux les socialistes, comme un parti centriste et très localiste (il est vrai que les initiatives émanant de la région sont rarement accueillies avec enthousiasme à Ixelles).

Après cinq bonnes années au pouvoir, la majorité en place se retrouve avec un bilan qui, s’il n’est pas mauvais, est loin d’être incroyable. Pour y revenir encore une fois, le budget 2012 de la commune, orienté essentiellement vers des travaux concernant les services communaux (nouvelle aile pour la maison communale, achats de bureaux…), témoigne de la politique menée depuis quelques années : la gestion. Si la construction d’une nouvelle maison de l’emploi se présente comme une bonne chose, on peut s’attrister que les quelques deniers qui subsistent en période de crise soient alloués à la construction de travaux, avouons-le, loin d’être prioritaires. La commune d’Ixelles est une commune qui fonctionne, mais au regard simplement des problèmes de mobilité qui la gangrènent, manque furieusement d’audace et de volonté pour s’améliorer.

Bosco d’Otreppe

Janvier 2012